Di Rupo obtient un fragile accord de gouvernement

Elio Di Rupo a finalement convaincu les présidents de 7 autres partis de le rejoindre dans une coalition pour former le futur gouvernement.  Il aura fallu 7 heures de négociations pour que les 8 présidents s'accordent sur la nouvelle formule.  Le grand perdant, est-ce la Flandre comme le suggère Bart De Wever ?  Ou est-ce la N-VA qui a laissé passer sa chance d'être au gouvernement ?

Enfin !  Après plus de 400 jours, la crise semble bien derrière nous !

Elio Di Rupo a réussi l'impensable : il a réuni autour de la table les huit partis qui formeront le futur gouvernement sans le grand vainqueur des élections en Flandre.

Wouter Beke, pourtant lié par un accord à la N-VA, a finalement dit "Oui" à un accord de gouvernement sans son allié de poids.  PS, Ecolo, MR CDH, pour le côté francophone.  Open VLD, CD&V, Groen! et SPa pour la Flandre.  Cela ressemble presque à un gouvernement de salut public...

Mais l'essentiel était de sortir le pays d'une crise sans précédent.  Et rares sont ceux qui créditaient Elio Di Rupo de la moindre chance de réussite.  Le Roi lui-même n'y croyait plus vraiment...

Mais le travail ne commencera pas tout de suite : il reprendra à la mi-août, le temps de laisser les huits présidents de parti retrouver la forme pour aborder cette tâche pas évidente.  Donner un nouveau gouvernement à la Belgique.

Le grand perdant

Bart De Wever n'a pas tardé à réagir : pour le chef absolu de la N-VA, la Flandre sera le grand perdant de ces élections.  Il en veut au Roi, qui par son discours du 21 juillet aurait "fait le jeu du PS".  Et surtout au CD&V qui avait promis de ne pas entrer dans un gouvernement sans la N-VA et qui "nous laisse tomber".

Mais, le grand perdant, c'est surtout Bart De Wever et son parti flamingant.  Car, cette intransigeance absolue, cette arrogance permanente à l'encontre des Francophones sous prétexte qu'on a rassemblé  un maximum de voix flamandes, cela ne pouvait pas durer éternellement dans le pays du compromis politique par excellence.

Si Bart le politicien ne le savait pas, l'historien De Wever ne pouvait l'ignorer...

La tâche des partis au sein du gouvernement ne sera pas facile.   Surtout celles des partis flamands, qui peuvent s'attendre à des attaques massives de la part de leurs confrères de l'opposition.  En particulier, des extrêmistes du Vlaams Belang et leurs confrères de la N-VA.

Mais au moins, la Belgique ne sera plus la risée du monde entier, ni la cible des agences de notation économique.  Et, ça, c'est quand même l'essentiel, non ?  (MB).

Wouter Beke a dit oui
Le grand perdant

Elders op het web