Amérique : le spectre de la crise menace aussi l'Europe

Le Président Obama tente de rallier tous les politiciens, Démocrates et Républicains, autour d'une solution pour régler le problème de la dette américaine.  S'il ne trouve pas rapidement de solution, l'Etat américain connaîtra de nouveau un crise grave qui menace aussi l'Europe.

La dette américaine atteint des sommets.  L'Etat américain doit trouver une solution à son problème d'endettement avant le 2 août.  Ou il sera dans l'incapacité de payer les salaires des fonctionnaires, il devra couper dans les allocations sociales, déjà chiches au pays de l'Oncle Sam.

Obama n'y va pas avec le dos de la cuillère : "si nous ne trouvons pas d'accord, nous pouvons perdre notre triple A".  Ce n'est pas une menace en l'air.  Les agences de notations attribuent des notes aux pays selon leur capacité à rembourser leurs dettes.  Une très bonne note, comme le triple A, vous permet d'emprunter de l'argent à bon prix, sans payer trop d'intérêts. 

Lorsqu'un état ne peut plus rembourser ses dettes - comme la Grèce - les agences de notation lui attribuent une plus mauvaise note - un double A, par exemple - et les banques réclament alors un taux d'intérêt plus élevé car elles prennent aussi un risque plus élevé en prêtant de l'argent à un état peu solvable.

Les Etats-Unis ont atteint un tel endettement que s'ils ne peuvent emprunter davantage, ils ne seront plus en mesure de payer leurs factures.  Comme le dit Obama dans son discours, nous ne voulons pas emprunter de l'argent "pour contracter de nouvelles dettes, mais simplement pour payer les factures que nous devons déjà."

L'Amérique au bord de la faillite ?

Ce qui signifie que le Congrès doit autoriser les Etats-Unis à emprunter encore plus... pour payer d'anciennes dettes.  Les Républicains ne veulent pas en entendre parler.  Saine gestion de leur part ?  Ou volonté de nuire au candidat démocrate pour les prochaines élections qui auront lieu en 2012 ?

Dans les deux cas, si le Congrès ne parvient pas à un accord rapide, avant le 2 août,  les Etats-Unis ne seront plus en mesure de payer leurs fonctionnaires à temps et devront effectuer des coupes sombres dans les budgets sociaux.

Cela se traduira par un ralentissement gigantesque de l'économie américaine, qui est pourtant la locomotive de l'économie mondiale.  Pour l'Europe, dont la monnaie et l'économie sont déjà fragilisées par la crise grecque, ce serait une catastrophe. 

Le spectre d'une nouvelle crise économique grave menace le monde, et donc aussi l'Europe.

Vous pouvez retrouver la retranscription en anglais de ce discours ici. (MB).

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